Dimanche 13 mai : Sallanches - Ambérieu-en-Bugey
Départ à 6 heures du matin. La météo annonçait 85% de soleil, mais le temps est couvert et il fait froid, 7 à
8 degrés. La route vers Cluses est pour moi tout seul ou presque. Arrivé à Cluses où il pleut souvent un peu plus qu’ailleurs, j’ai droit à une radée. Je retrouve mes compagnons de route à
Marignier : Bernard, Christian, Jo et Jean qui nous suit en voiture.
Je
regrette le cuissard long mais il devrait faire beau et chaud dans quelques heures, ce qui se démentira. Nous empruntons les petites routes bien connues des cyclistes haut-savoyards vers
Bonneville et Arbusigny pour couper l’axe Genève-Annecy non loin de Cruseilles.
Puis Cercier jumelé avec le village du même nom dans le Beaujolais. Encore une petite côte après Chilly pour arriver à Clermont, un très très beau village. Au cours de la descente, très belle vue sur le Rhône et Seyssel, là où nous nous arrêtons pour pique-niquer à midi.
Nous retrouvons Jean qui nous a préparé un pique-nique dont tout cycliste rêverait : la table et les 5 chaises, l’apéritif, et en plat de résistance des pâtes puis fromage dessert et café. Un grand merci à Jean notre chauffeur du matin et cuisinier hors pair.
Cet
après-midi, c’est Bernard qui prend le volant et joue au directeur sportif. Nous roulons plein sud, un bon vent du nord nous pousse jusqu’à Culoz que nous atteignons à des vitesses
inhabituelles pour les cyclistes amateurs que nous sommes.
Nous passons à côté du lac de Virieu et peu après, bifurcation à gauche pour exlorer le Bugey.
Nous traversons Contrevoz où j’ai une pensée particulière pour Marie-Thé qui se trouva d’y séjourner il y a de nombreuses années. Côte en direction d’ Ordenaz, la vue est très belle et on devrait voir le massif du Mont-Blanc mais le temps est toujours couvert. Nous retrouvons la Cluse des Hôpitaux et l'Albarine vers Saint Rambert en Bugey.
La traversée d’ Ambérieu n’est pas franchement agréable et nous arrivons à notre hôtel à Château-Gaillard. Pas de possibilité de repas, alors nous optons pour la solution pizzas livrées, cela ne vaut pas le repas de midi.
Cette première journée a été bien remplie, 190 kilomètres pour moi avec environ 2500 mètres de dénivelé et une moyenne de 21 km/heure.
Lundi 14 mai : Château-Gaillard - Noirétable
Il fait soleil sur le coup de 7 heures pour notre départ mais toujours aussi froid. Nous traversons la Dombe et ses étangs, beaucoup d’oiseaux dans ce secteur, mais la route est fréquentée… A Lapeyrouse nous tournons à gauche pour rejoindre la Saône un peu plus au sud. J’ai plaisir à retrouver des paysages qui m’ont été familiers : les monts du Beaujoais, les Monts d’Or et les monts du Lyonnais. J’ ai de nombreux amis cyclistes à Lyon qui fréquentent régulièrement ces routes très agréables.
Arrêt à
Trévoux sur la place de l’église, très belle, avec aussi la vue sur la Saône que nous traversons à Pont Saint-Bernard. Traversée de Anse un peu difficile au rond-point de la N6 et fini les plats
de la Dombe, nous montons à Lachassagne, pays des pierres dorées au sud du Beaujolais. Une petite route sur la gauche un peu plus raide que l’axe principal nous permet d’avoir une très belle vue
sur la château de Lachassagne.
Quelques routes un peu plus fréquentées nous permettent de rejoindre Les Ponts Tarrets, au pied du col du Pilon, route que j’ai empruntée de très nombreuses fois en voiture pour aller à Saint-Jean la Bussière alors que je travaillais chez DMC.
De
nouveau, nous empruntons de très petites routes verdoyantes pour Affoux et Viollay où Jean nous attend pour le pique-nique, tout aussi agréable que celui de la veille, Viollay où l’industrie
textile est encore présente pour la fabrication de rideaux.
L’ après-midi, c’est Jo qui fait le directeur sportif. Nous empruntons la D1 pour descendre sur Balbigny, un dernier coup d’oeil aux monts du Lyonnais derrière nous et nous traversons la Loire puis la plaine du Forez avant d’attaquer les côtes par Saint Germain Laval, Saint Marcel d’Urfé. L’habitat est différent et préfigure ce que nous allons trouver dans le Massif Central.
Noirétable n’est plus très loin, mais je découvre ce qu’est la TVA en argot UCTM (Union Cycliste de Thyez Marignier) : Une belle route rejoint tranquillement le terme de l'étape, mais une petite route encore plus belle rallonge de quelques kilomètres et permet de faire un peu plus de dénivelé, c’est la route des Crêtes, puis nous descendons tranquillement vers Noirétable en attendant de futures augmentations de TVA…
Personne à l’hôtel des Chasseurs, après un moment les patrons arrivent, c’est leur jour de fermeture. Pas de problème pour les chambres, mais ils ne servent pas de repas. On nous donne le
choix entre l’hôtel de la poste (fermeture annuelle) ou le casino. On ne s’attend pas à trouver un bâtiment moderne aussi imposant où on nous accepte dans la salle non réservée aux
joueurs.
Le repas est le bienvenu après 165 kilomètres et 2600 mètres de dénivelé parcourus à 20 de moyenne environ.
Mardi 14 mai : Noirétable - Mauriac
Toujours aussi froid le matin, le vent du nord persiste. Nous finissons de traverser les monts du Forez pour atteindre les montagnes du Livradois, nous commençons à distinguer la chaîne des Puys, Le Puy de Sancy (1885 mètres) est encore bien enneigé.
Bientôt nous voyons Clermont-Ferrand et traversons l'Allier. Puis Saint Nectaire, très beau village que nous découvrons dans la descente dans un écrin de verdure avec l'église romane en son centre.
Encore
une petite montée vers le lac Chambon, lieu du pique-nique, balayé par les vents très froids. Nous mangeons dans un bistrot et retrouvons quelques membres de l’UCTM.
L’ après-midi, c’est mon tour de faire le directeur sportif, un peu après le lac Pavin, il fait toujours un froid glacial dès que je sors de la voiture. Au bout de 25 km en bon directeur sportif, je m’enquiers de la forme de mon équipe. Pour Jean, ce n’est pas très brillant aussi je lui propose de mettre son vélo dans son véhicule et moi de reprendre la route à vélo. C’est ainsi que cela se passe au TPI, cette règle sera peut-être un jour appliquée dans le tour de France…
Finalement on lutte plus facilement contre les éléments quand on est dans l’action. Il nous reste des kilomètres et l'heure tourne, après Bort-les-Orgues, pas le temps de voir les orgues.
Nous filons vers Mauriac par une départementale fréquentée et roulante. Pas de TVA ce soir.
L’hôtel gîte de France est le meilleur que nous ayons eu, tant pour la qualité des chambres que pour la restauration.
Pour la journée, 190 kilomètres et 3300 mètres de dénivelé. 25 km de moins pour moi…
Mercredi 16 mai : Mauriac - Saint-Avit-de-Vialard
Ce matin, la température est de 4 degrés et on commence par une descente, enfin le pont est en vue, la remontée ne suffira pas pour se réchauffer.
Nous changeons de région et arrivons dans le Périgord. Une belle descente à faible déclivité et très roulante nous permet de faire des kilomètres sans fatigue et à grande vitesse et nous traversons la Dordogne à Argentat, une très belle localité.
C'est à
Martel, village que j’avais bien en tête (!), que nous nous arrêtons pour pique-niquer. Jean nous propose à nouveau des pâtes très appréciées. Ce matin nous avons battu tous les records de
vitesse : 27 km/heure pour plus de 100 km. L’ après-midi sera plus tranquille.
La température monte un peu et nous entendons les grillons. On commence à sentir l’influence du sud.
Après Souillac et Sarlat, nous arrivons par de toutes petites routes à notre premier but : Saint Avit, dans le très grand centre de vacances avec piscines et autres saunas. Nous retrouvons Geneviève, l’épouse de Bernard et une bonne partie des membres de l’UCTM.
L'étape en chiffres :185 km et 2000 m de dénivelé.
Voilà
pour ces 4 étapes, un grand merci à Christian pour avoir préparé les itinéraires et assuré un train régulier et soutenu pendant presque la totalité du parcours, ainsi qu'à Jean pour nous avoir
suivis et avoir veillé à l’intendance. Bernard a mal au dos, pas en pédalant mais en marchant, espérons que cela évoluera favorablement.
Ce parcours fut très agréable par la variété des paysages, mais aussi par l’ambiance souvent imprimée par Bernard. J’ai eu beaucoup de plaisir à pédaler en compagnie de Christian, Jo, Bernard et Jean. C'est pour moi une grande première de parcourir à vélo une telle distance. Le temps bien que froid a été globalement agréable, pas de pluie, c’est l’essentiel. Enfin s’il y a des personnes qui se demandent comment parcourir de telles distances en terre pas forcément connue, c’est grâce aux GPS. Pas une seule fois nous n'avons sorti la carte routière, un outil très intéressant pour la rêverie, place à la modernité avec cartes et logiciels de parcours sur internet et GPS. Qui aurait envisagé cela il y a 20 ans ?
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