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Week-end cyclo à Oyonnax - CE de Robert

Au début de la crise du COVID, l'envie d'écrire un papier me démangeait mais sur la toile, les inepties étaient trop légion pour oser prendre le risque de m'y luxer les doigts. Rassurez-vous, écrire sur le blog à Christian est beaucoup plus difficile que de gravir le col des Fleuries. Sur WhatsApp, les dessins animés grivois et salace du style "Blanche Main et les sept fesses",  "ça glisse au pays des merveilles" étaient plébiscités.
       
       Tapis dans l'ombre d'une sortie là où vivent les bûcherons qu'il ne faut surtout pas s'amuser à emmerder, je prends perfidement ce vil et futile prétexte pour noircir et griffonner les dernières pages d'un vieux carnet.

     Vendredi matin, sur le parvis de la gare de  Marignier, Christian nous donne ses dernières recommandations avant de monter à l'assaut. Nous n'étions vraiment pas nombreux et sous un ciel glauque, dans un silence obscur, nous avons entamé la route tel un cortège funéraire d'un vil et méprisable indigent.

     Je ne vais pas vous ennuyer en relatant ces deux jours de vélo autour d'Oyonnax, les déboires de certains et les prouesses d'autres, ce n'est pas l'essentiel et cela tient de l’anecdote et pour les amateurs de mots croisés, les ires d'une personne en manque flagrant de sommeil. Tenez bon, ne reposez pas vos lunettes, recollez votre dentier avant de l'avaler, c'est bientôt fini. Le parcours du retour était bien signé CHRISTIAN tout en majuscules. A trente bornes de l'arrivée, sous un soleil de plomb, dans les pentes abruptes du Salève, une horreur se dresse devant nous, plusieurs kils à dix voire onze pour cent, j'ai blasphémé, j'ai maudit le grand maestro, cela ne ressemblait pas à une cerise sur le gâteau, même pas à un cadeau empoisonné, je n'ai pas de terme pour qualifier cette ultime difficulté. Nous avons malgré tout atteint le sommet avec un semblant de brio et comble de l'ironie, quelques centaines de mètres plus loin, la route était barrée, nous avons été contraints de faire demi-tour.
 


​ En arrivant à Bonneville lundi en milieu d’après-midi, nous nous sommes désaltérés chez Gégé… nos premières bières de la journée, en oubliant la souffrance endurée, nous regrettions déjà que le week-end soit sur le point de se terminer.

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