Le contexte tout d'abord : la sortie de ce dimanche. Magnifique parcours complètement revisité par Christian qu'il faut saluer et remercier (tant pis pour sa modestie) pour avoir ré-inventé un circuit somme toute classique : Marignier, Saint Pierre, Saint Sixt, Col des fleuries, Evires, Arbusigny, Bonneville, Marignier.
A au moins 50%, nous avons emprunté des routes inédites. Alors bien sûr, il faut accepter les raidillons soudains. Mais il n'y eut pas que des montées. Je recommande à tous les blasés de faire toujours les mêmes sorties, de reprendre le tracé de celle d'aujourd'hui et de découvrir une voie alternative.
L'événement ensuite : un moment d'anthologie. Encore une descente prise avec autant d'enthousiasme et d'insouciance que des veaux sortis de la bétaillère découvrant un nouveau pâturage. Bien mal nous en prit car il fallait tourner et nous avons raté l'embranchement sur la route de Mornex. Christian a tourné. Il nous faut remonter et nous engager sur cette nouvelle voie faisant fi au passage de deux panneaux "propriété privée", "accès interdit". Bien mal nous en a pris car une Marâtre acerbe nous barre le passage devant sa ferme. "C'est privé ici, vous n'avez pas lu les panneaux ?" Un peu gênés, certains marmonnent qu'ils ne les ont pas vus, sans doute trop occupés à regarder s'il ne leur restait pas d'autres vitesses à passer. "On ne passe pas". Courageusement chacun s'en remet au leader incontesté du groupe et Grand Maître de la trace GPS : Christian. Il explique : "ce chemin est sur le cadastre, il doit y avoir une servitude de passage". "Que nenni" s'étrangle la cerbère. "Je vérifierai à la mairie" conclut notre Grand Timonier. A regret, et penauds, nous faisons tous un repli stratégique.
Dommage car plutôt que de traverser la cour de la ferme et de retrouver à l'autre extrémité une autre route qui semblait être une seule et même voie, nous allons devoir faire un grand détour.
Il paraît que dans l'autre sens, il n'y a pas de panneaux "propriété privée", "accès interdit". Ce qui veut dire que rien n'interdit de venir d'un côté tandis que c'est Verboten par le rempart physique de la dame (quand elle est là) dans l'autre sens.
Nous réalisons alors l'erreur que nous avons commise. Au lieu de tenter de négocier avec la rombière pas commode, nous aurions dû nous retourner dans sa cour et progresser en marche arrière, comme on le fait parfois quand on remonte un sens interdit en marche arrière. J'imagine notre escouade chacun tenant son guidon et marchant à l'envers faisant reculer son vélo vers la zone libre. Ça aurait été un grand moment !!!!
Avec le recul (formule audacieusement drôle à ce moment du récit, je reconnais), elle aurait peut-être été jusqu'à défendre sa propriété par les armes. Le carnage ! A cette heure, nos veuves nous pleureraient... On a donc bien fait de faire demi-tour. C'est pour vous, épouses de membres de l'UCTM, que nous l'avons fait. Voyez comme on pense à vous pendant nos sorties.
Amis du club, je vous donne rendez-vous tout bientôt car Christian n'en restera pas là. Sûr de son bon droit, il vérifiera pour nous à la mairie pour savoir s'il n'existe pas une servitude de passage. Et si servitude il y a, nous irons tous ensemble l'inaugurer au nom du bon droit des cyclistes à rouler dans la légalité contre les appropriations illégitimes de chemins. À suivre...
Ah, au fait, la voie partiellement interdite s'appelle : "route de Champ la Dame". Ça ne s'invente pas.