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Rando Cyclo Rochoise - Compte rendu de Pascal

Rando Cyclo Rochoise - Compte rendu de Pascal

A l'assaut du 60, du 80 ou du 106.
Je vais vous parler des trois hommes du jour du 106. Dans la catégorie, contribution exceptionnelle, sont nominés : Vong Sisopha, Maurice Michel et Christian Lapalu.
Vong, tout d'abord. Je découvre le potentiel extraordinaire de notre camarade. Faisant fi des montées et du dénivelé, il se joue des ascensions et enroule sa chaîne sur la plaque.
Il tire gros, dur et vite. Champion des côtes, il m'explique qu'il grimpe au mental et me recommande la méditation. Bon, Vong, après avoir bien médité sur notre matinée, je pense que tu prends du baume du tigre en injection et que le saké bu jusqu'à 2 heures ce matin ont contribué à tes exploits. Je recommande donc ton régime à tout le club : saké jusqu'à 2 heures du matin le jour de votre prochaine sortie et vous devriez devenir des champions.
Bravo.

Maurice, maintenant.
Je précise tout de suite qu'on ne l'a pas perdu, cette fois-ci. Très concentré sur son sujet, les côtes, Maurice ne s'est aperçu qu'au bout de 50 km qu'il avait perdu un verre de ses lunettes de soleil. Sa découverte d'un verre absent n'avait rien eu de progressif. Oh oui, il avait bien ressenti de manière diffuse et confuse que la luminosité était plus forte qu'à l'accoutumée. Il avait vu ça d'un mauvais œil tandis que l'autre, l'œil du verre, filtrait les quelques UV qui prétendaient nous faire croire que le beau temps allait se lever. Distingué, Maurice a porté monocle pendant 100 km. Notre Cyclope ne ressentit le vent sur son œil qu'à partir du moment où nous lui suggérâmes de se mettre un doigt dans l'œil. Ce qui déclencha chez lui une prise de conscience soudaine de son état. Il lui manquait un verre ! Certains sont victimes du verre de trop, Maurice fut victime du verre de moins. En verre et contre tous. Parti avec une belle paire, il revint avec une monture et un verre solitaire, difficile à digérer. Je frémis en pensant aux risques inconsidérés que prit Maurice avec son œil "décou-verre" : il aurait pu se prendre une abeille dans l'œil. Encore qu'en l'absence de verre, l'insecte n'aurait pas pu se bloquer derrière la monture. Peut-être une solution d'avenir pour une membre cassandrine de notre club.
Heureusement, un collègue cycliste, un ami qui roulait sur la même route, ramassa le verre de terre et le ramena à l'arrivée. Maurice demanda aux gens de l'organisation si quelqu'un avait rapporté un verre. Il ne voulurent d'abord pas répondre. Il lui fallut donc leur tirer le verre du nez. Un membre du staff lui proposa de prendre le dernier verre. Contraint, alors qu'il ne boit que très rarement, Maurice dut se mettre au verre. Son verre. Maurice put ainsi récupérer ce que je n'hésiterai pas à qualifier de verre de l'amitié.
Prends garde Maurice, la prochaine fois, ouvre l'oeil, et le bon.
Sans transition (ce qui est rare pour un verre).
Cher Maurice, si ton dérailleur cacochyme Mavic s'est tenu à carreau ce matin, ton vélo n'a pas arrêté d'émettre des bruits suspects.
Partant du principe que ton mécano avait tout graissé comme il faut, tu refusais d'attribuer ces grincements à ton fidèle destrier. Tu parlais alors d'un bruit provenant d'un frottement hypothétique de la semelle de tes chaussures sur les cales. Non, Christian M et moi-même en attestons formellement, ce n'est pas là l'origine de ton bruit. Christian susurra que ce grincement à chaque coup de pédale pouvait provenir de tes genoux. Nous traversions alors la commune d'Argonay et un détour par la clinique aurait permis de lever le doute et d'effectuer le dépannage nécessaire. Mais je ne me risquerai pas à corroborer cette théorie du genou qui grince et je te recommande de soumettre le sujet à ton mécano certainement avare de graisse là où il eut fallu qu'il y en eût.

Et le best of du jour est exceptionnellement attribué à notre ami Christian Lapalu. Mais si je le qualifie de "notre ami", une question se pose : et nous, sommes-nous ses amis ?
Car Christian, emporté par la verve d'un camarade rouleur a tant et si bien discuté qu'il en a oublié de suivre les flèches qui jalonnaient le parcours. Peu soucieux de ce qui se passait derrière lui, il a loupé le virage qui conduisait au ravitaillement de Villaz.
Christophe Maé aurait pu chanter : il est où Christian, il est où ?
La flèche de Villaz, Christian, il l'a pas lue (facile, d'accord, mais irrésistible). Il a continué jusqu'à Naves Parmelan. Là, après 4 km, il a eu un doute. En effet, plus de flèches. Et personne derrière lui. Présumant de sa force et de son niveau de performance après une semaine de 450 km, il pensa qu'il avait par trop appuyé sur les manivelles et qu'il avait largué tout le monde. Mais l'évocation du nom de Villaz le fit faire demi tour. Et re-4 km dans l'autre sens.
Pour le reste du groupe, même si ce premier ravito, 25 km après le départ, était assez proche du démarrage, on y fit honneur en mode respect à l'égard des bénévoles rochois. Et on y est restés un bon quart d'heure. Mais lorsque Christian y arriva, nous avions repris la route à la recherche du deuxième ravito.
C'est donc à nouveau avec son camarade que Christian se mit en quête des flèches. Roulèrent-ils le nez en l'air ? Furent-elles soudainement effacées ? Nul ne peut expliquer pourquoi ils se retrouvèrent à Epagny, assez loin du retour vers la Roche. Là, ils s'arrêtèrent et tinrent conseil, genre cellule de crise GPS.
Lorsqu'ils repartirent bien décidés à recoller au parcours, il roulèrent le nez sur le bitume à la recherche des indications salvatrices. Qui pourrait leur en vouloir ? Dès qu'ils en virent, ils les suivirent. Mais ils durent très rapidement se rendre à l'évidence, celles qu'ils avaient prises pour des flèches de Cyclo Rochoise étaient des flèches de parcours de VTT. Le bitume avait pris fin et le sentier pierreux n'avait plus rien du tour rochois pour pneus de 23. Demi-tour.
Pauvre Christian, dégoûté par sa quête du bon chemin, il envisagea le retour par l'autoroute, seule certitude directionnelle. Mais son instinct le conduit à tenter la route et il arriva finalement à bon port. La carte de Christian en atteste : elle est tamponnée à Villaz et à l'arrivée. Entre les deux, un no man's land de 3 heures. Ah, ami Christian, que ceci te serve de leçon : regarde derrière toi, nous sommes tes amis, on part ensemble. Alors, ne nous quitte pas.
Aujourd'hui, pardonne-moi cette formule un peu facile, mais c'était toi, la flèche !

Nos amis de La Roche doivent être félicités pour la qualité de leurs ravitos. Très fournis, on n'a manqué de rien.
Un conseil, cependant, celui de Villaz est un peu trop proche du départ. Le deuxième est loin du premier car distant de plus de 50 km.
Le troisième à 5 km de l'arrivée en est un peu trop proche. Mais mention spéciale pour ce dernier : deux dames portant chapeau faisaient... des crêpes. Une ambiance digne de l'Ardéchoise. A l'arrivée, pas d'attente pour manger chaud de délicieuses ravioles. Le top.
Et même, massages.
Nous étions 29 membres de l'UCTM. Nous serons vainqueurs du trophée du club le mieux représenté. Encore une coupe qu'on ne sait pas où mettre vu que nous n'avons temporairement plus de local.
Quant à vous, membres de l'UCTM de peu de foi, vous qui avez mollement continué votre sommeil ce matin au motif qu'il allait pleuvoir : non seulement nous ne fûmes pas mouillés par la pluie, mais nous avons été reçus par une organisation sans faute. A cocher pour 2017. La Rando Cyclo Rochoise : une valeur sûre.
Bonne semaine à tous.

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