Devoir se lever à cinq heures du matin un jour de fête des mères, ce n’est vraiment pas très diplomatique pour une bonne entente familiale.
C’était l’idée générale qui flottait dans l’air, pour la bonne dizaine de participants, présent à la sortie locale, ce matin. Force est de constater que non seulement nous ne sommes pas
solidaires, nous dirons que c’est la « faute » de nos femmes, et donc ne participons pas à la sortie Randolac, prévue par le club; mais en plus, sous l’impulsion de Lucie et à la
quasi unanimité, on ne fait pas le circuit prévu.
Il y a de la rébellion dans les rangs, « C’est quoi ce circuit de début de saison, fin mai ? »
Gilles, Edwige, et Brigitte nous excuseront de les avoir plantés là, mais l’appel des cimes était vraiment le plus fort.
Donc face à un ciel si bleu, nous décidons de nous
rapprocher de lui, direction Joux Plane puis l’Encrenaz par la Côte d’Arbroz, un circuit digne d’une journée aussi magnifique.
Passage de Châtillon : une formalité, direction Samoëns, Christian D assure le train, un vrai TGV, « on a du mal à croire que c’est le même qui roupillait sur son banc, sur une photo
récente. »
Qu’il a fière allure ce club, avec ses membres tout frais et pleins de motivation pensent, à n’en pas douter les « Lhottis », (eh oui, ce sont les habitants de Verchaix).
Du coup on se retrouve dans les premiers lacets de Joux Plabe, sans avoir rien vu venir.
Curieusement d’un coup, le rythme diminue, je veux dire s’écroule.
Plus personne ne parle, rien que des bruits de respiration.
Le ciel a beau être d’un bleu magnifique, tout le monde s’en fout.
Visiblement, ça ne va pas être que la fête des mères, il y a des routes qui font ces effets là.
Plus que 5 km, plus que 3… 200 mètres, le sommet est là, avec la délivrance…
Quelques minutes sont nécessaires, pour nous remettre en adéquation avec l’harmonie des lieux, et c’est vrai que c’est beau, on touche presque le ciel.
Le corps et l’esprit reposé (?), l’Encrenaz par la Côte
d’Arbroz, ça va être du gâteau…
On attaque, on ne s’aperçoit même pas que ça monte, tout le monde y va pour évoquer « sa montée la plus dure », notre ami Christian D, toujours lui, nous cloue le bec avec
sa montée à 22% dans les Dolomites, je me demande s'il ne l’a pas rêvée, un jour où il dormait sur un banc. Il y a des routes qui font ces effets là.
Voilà, nous sommes à l’Encrenaz. Comme souvent, Fanfoué, la célébrité du coin, nous harangue de son balcon. Vu qu’il n’est que 10h30, on prend le temps de faire semblant de comprendre ce qu’il
nous raconte.
Pour la suite, ce n’est qu’une longue descente sur une route tranquille et bucolique, suivie d’une montée plus bruyante et agitée qui nous ramène à la civilisation.