Départ dans le froid matin d'avril pour un grand tour de 90 km en deux groupes vu le nombre de participants. Voici un compte-rendu de l'intérieur même du groupe 1, le groupe des forts.
On tourne juste avant Magland à droite et on s'apprête à commencer l'escalade de la côte des Meuniers. Simone connaît un ennui mécanique mais l'ascension est lancée et, malgré quelques hommes galants qui l'attendront, ne la voyant pas, ils monteront sans elle. Tout le monde constate son absence au sommet et les derniers du groupe nous renseignent sur l'arrivée imminente du groupe 2 aperçu dans les lacets plus bas. Il est hors de question de se faire rattraper; un dimanche, ça suffit (cf le compte-rendu de la semaine dernière).
Descente de Magland et là, mes amis, l'UCTM va écrire une page de légende. En effet, alors que le soleil n'a pas encore découvert le fond de la vallée, nous nous perdons dans Magland ! Malgré des hommes expérimentés, malgré la présence du président réputé connaisseur de tous les parcours, malgré le GPS présidentiel, imaginez notre groupe lancé dans une course surréaliste, faisant même deux fois demi-tour dans la commune de Magland qui doit comprendre au maximum une dizaine de rues différentes.
A la fin du "Critérium de Magland", encore un
peu d'incertitude pour récupérer la route et il est décicé de ROULER pour ne pas se faire rattraper par le groupe deux. Voilà donc l'équipe lancée dans un contre-la-montre pour rejoindre
Sallanches au plus vite. Car dans ce goupe, quand on dit qu'on va rouler, il faut serrer les dents parce qu'on n'a pas le temps de prendre des photos, même Jean-Claude. A ce moment de notre
"balade", il faut dire que nous avons doublé un autre groupe UCTM qui sera plus tard identifié comme le groupe 3. Chers amis du groupe 3, mille pardons de ne pas vous avoir salués. Nous vous
croyions le fameux groupe 2. Nous ne pouvions pas nous arrêter tant l'enjeu était important. Nous ne vous avons pas reconnus et les "Vous pourriez dire bonjour" étaient tout à fait légitimes.
Pardonnez-nous.
A un train d'enfer, nous rejoignons alors la montée de la
Provence et découvrons avec surprise notre Simone en compagnie de Jackie qui fut le seul homme galant à l'attendre. Ascension de la Provence. Pause au sommet tandis qu'un chien devant une ferme
connaît une crise d'epilepsie très impressionnante. Malgré les appels aux propriétaires, ils nous aperçoivent mais ne daignent pas intervenir. C'est donc Simone et Joël qui, au risque de se faire
mordre, vont mettre le chien sur le côté de la route. Quel bel esprit ! Et c'est alors que la jonction s'opère avec le groupe 2 qui arrive à belle allure. Descente sur Sallanches, puis montée
vers le plateau d'Assy. Le Président est dans une grande forme. Il ne nous laisse aucune chance, un coup d'oeil dans son rétro pour nous laisser revenir et accélérer alors que nous nous mettons à
espérer pouvoir rester dans sa roue. Quelle stratégie de course. On s'attend au sommet mais on se bagarre dans la montée. De quoi alimenter nos conversations sommitales. Jonction avec le groupe 2
qui nous rattrape à la pause.
Descente et retour vers Thyez. Nous sommes un peu en
retard sur l'horaire, il faut donc ROULER. Nous ROULONS donc. Tellement vite que notre groupe 1, tendu vers le repas dominical et la réintégration du foyer, va oublier de se retourner. Il aurait
pu voir que votre serviteur avait perdu plusieurs mètres et ne parvenait pas à revenir. Je me suis lancé dans un numéro de contre-la-montre individuel tel un Tom Boonen tentant de revenir après
la tranchée d'Arenberg. Je n'ai pas eu autant de talent que lui. Pas plus de succès non plus. Le nez dans le vent, je n'ai pu que constater la différence de vitesse avec un groupe roulant
beaucoup plus vite. Dans ce groupe 1, on a eu aujourd'hui davantage de compassion pour un chien épileptique que pour moi ! Longtemps, j'ai espéré que le GPS présidentiel ferait faire au groupe 1
trois fois le tour de Magland comme ce matin. Peine perdue, le train de l'UCTM n'a laissé aucune chance au cycliste esseulé. J'ai mis le clignotant à droite à Balme et ai rejoint non sans
difficulté Saint Sigismond avec des jambes bien lourdes. Cher groupe 1, je vais devoir à nouveau m'entraîner dur pour vous suivre. On dit que pour progresser, il faut ROULER avec plus forts que
soi. C'est fait !
Pascal CROS
Je me permets d'ajouter que, suite à une nouvelle et inexplicable erreur d'itinéraire (sans doute due à un GPS en carafe !), une partie des deux groupes s'est retrouvée chez Jo pour un mémorable apéro au Frontignan au cours duquel l'absence de Pascal s'est fait durement sentir car il nous y aurait sans doute régalés de ses facéties et autres interprétations "A capella".