C'est sous un ciel d'automne que 27 courageux et courageuses ont forcé le destin et entrepris la formidable odyssée du tour du Chablais. Il fallait être téméraire pour oser affronter les nuages menaçants et la perspective presque certaine d'être mouillé. Chacun avait pu noter que le Président avait précisé dans son mail d'hier de prévoir un, je cite : Imperméable. Traduisant bien ainsi les incertitudes météorologiques. Nos valeureux membres de l'UCTM n'ont pas hésité à pédaler à bloc pour gagner le bord du lac. Quel programme : col de Châtillon, montée par Rond, col des Gets, col du Corbier, Thonon, col des Moises, col de Cou, col du Perret, montée à Peillonnex.
Merci à Nicole pour son soutien. Elle conduisait le camion d'assistante.
Démarrage, route mouillée aux Gets, grosse montée du Président au Corbier, longue descente agréable. Puis route secrète présidentielle. Le GPS a encore frappé. Des routes inconnues, des villages improbables, des montées piégeuses comme celle qui surprit tout le groupe au détour d'un bâtiment alors que chacun était en danseuse sur la plaque. Vougron fait forcémment passer de la plaque à la galette.
Le temps a changé et le soleil a maintenant gagné son duel contre le temps menaçant. Le facétieux GPS présidentiel emmènera le groupe faire un tour complet d'un grand rond-point avant de
retrouver le droit chemin, c'est à dire la route qui est sous le panneau direction Thonon. Sacré GPS !
Et puis pique-nique à Corzent. Nicole est là. Riri aussi. Car la force herculéenne de Riri a eu raison de sa chaîne. "Costaud, la bestiole", murmureront certains connaisseurs. Quelques courageux
iront se refroidir les jambes dans les eaux bienfaisantes du lac en claudiquant à la recherche d'un appui stable de leurs voûtes plantaires soumises à l'agressivité de galets anguleux. Déjeuner.
Certains font goûter avec générosité des productions culinaires personnelles ou familiales préparées avec un talent variable. Luis partage une bouteille de Vacqueyras, cuvée trésor des poètes
domaine de la Fourmone de 1991. Reprenant la route à vélo, Luis sera accueilli dans le camion d'assistance ce qui fera dire à certains : qui boit du Vacqueyras, dans la voiture balai trouve sa
place.
Comme chaque fois, remonter sur nos engins et reprendre la route fait mal aux jambes. Remonter les Moises fut un calvaire long, raide, chaud, déshydratant. Le col de Cou fut l'occasion d'un regroupement général pour une pause rafraîchissement au bar du col. Le Perret fut avalé par un groupe en maîtrise complète. La descente fut un régal, un feu d'artifice où les plus rapides n'eurent pas le loisir de regarder leur vitesse au compteur tellement leur concentration était maximum. Redescente canon d'Hyot.
Retour sans souci. Tournée générale à l'arrière du camion à Marignier. Oufff. 18 heures. Quand même ! Bilan : pas de pluie; coups de soleil probables, tout le monde ravi par cette magnifique journée. Une douche, un repas chaud et beaucoup de crampes plus tard, du fond de mon canapé, je repense à ces 141 km avec nostalgie. C'était une belle balade. Une très belle balade.