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Mont Ventoux - Mardi 11 mai

C'est à cinq (René, Yves, Maurice, Jean-Claude et moi) que nous nous lançons à l'assaut du Géant de Provence ! Il faut dire qu'avec la température qui règne ce matin, on n'a pas vraiment l'impression d'être en Provence mais plutôt à Mouthe... toutes mes excuses aux habitants de ce charmant coin de France qu'on a coutume d'appeler la "Sibérie française".

L'itinéraire par lequel nous allons gravir ce sommet nous a laissés dans l'expectative pendant quelques jours mais ce matin, plus d'hésitation : la route depuis Malaucène est encore fermée à cause de la neige. C'est donc par Bédoin que nous allons effectuer cette ascension.

photo groupe

Plus nous nous élevons, plus le ciel se couvre et, à partir du Chalet Reynard, c'est carrément dans le brouillard que nous roulons avec une visibilité qui n'excède pas une quinzaine de mètres. Il ne faudrait pas nous pousser beaucoup pour que nous fassions demi-tour mais tout de même, nous n'avons pas fait tous ces kilomètres pour renoncer maintenant.

Au sommet, il fait cinq degrés, la visibilité ne s'est pas améliorée, au contraire, et à peine avons-nous pris le temps de faire deux ou trois photos que nous attaquons la descente en nous doutant que nous n'avons pas encore fait le plus dur. En effet, les mains engourdies par le froid, nous avons toutes les peines du monde à actionner les freins qui nous donnent l'impression de ne pas répondre, ce qui n'est guère rassurant, surtout avec cette visibilité très réduite.

Au Chalet Reynard, un arrêt pour prendre une boisson chaude est impératif. Jean-Claude doit même jouer les masseurs (non, pas Thaïlandais !) pour redonner un peu de vie à un de mes pieds sans connaissance. Je te dois une reconnaissance éternelle, Jean-Claude .au chaud

Nous prenons maintenant la direction de Sault par une route en piteux état qui nous secoue comme des pruniers. Je roule devant avec Jean-Claude car j'ai vraiment besoin de me réchauffer lorsque je m'aperçois qu'il n'y a plus personne derrière nous. Nous nous arrêtons et attendons de longues minutes sans voir venir personne. Il faut donc remonter voir ce qui se passe et un peu plus haut, nous croisons nos trois acolytes qui ont dû s'arrêter pour réparer une crevaison de René.

Une pause pour le repas de midi à Sault avec un menu qui n'a de "cycliste" que le nom et nous voilà repartis pour rentrer par les gorges de la Nesque. C'est de loin le moment le plus agréable de la journée : le soleil est revenu, il fait bon et le paysage est absolument splendide. Nous en profitons pour faire plusieurs arrêts dont l'un nous est imposé par une nouvelle crevaison de René. Changement de chambre à air, regonflage et psch... éclatement de la chambre et nouvelle réparation. Si ça continue, nous allons manquer de chambres à air .

P1000710Heureusement, nous en avons fini avec les crevaisons mais pas avec les intempéries puisque, une quinzaine de kilomètres avant Malaucène, nous essuyons une forte averse et c'est sous une pluis battante et trempés jusqu'aux os que nous arrivons au terme de cette journée.

Tout ça nous donne fortment envie d'y revenir dans des conditions plus favorables.

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