Le baptême du Feu
Ce matin, la perspective de la pluie dans l'après-midi avait convaincu 5 UCTM : Martine Cansier, Natacha, sa nièce, Daniel, Robert et votre rédacteur.
Le Giffre fut rapidement avalé sur une route humide. A St Jeoire, on s'effeuille comme dit Robert avec poésie. Bref, on enlève les K Way comme on dit quand Robert n'est pas là.
La montée vers Mégevette se fit tranquillement. Daniel fut la cheville ouvrière d'une accélération à la force des mollets dans le col de Jambaz. La descente fut rafraîchissante.
Robert n'avait pas ascensionné le col du Feu par ce côté; quant à Natacha, elle ignorait jusqu'à ce matin l'existence de ce col. Ce fut donc pour eux deux à l'épreuve du Feu, le baptême du Feu.
Un col exigeant mais pas long. La première rampe allume le Feu et le reste contribue à le laisser nous consumer.
Un clin d'œil à Marco Provencia : dans la montée, il y a un panneau pub pour un hypermarché Mamouth !
En quelques virages, on atteint le col.On immortalise nos vélos dans un reste de neige. Et on fait notre photo de groupe du jour.
Déjà il faut repartir. Montée puis descente interrompue par un virage sec à droite avec re-montée sérieuse qui donne lieu à de belles salades de pignons.
Grimpée vers le col des Arces. C'est là qu'on attrape la pluie. Sans blague, c'est un lieu prédestiné : lieu des Arces et attrapes.
Martine, il a plu à 10h30 sans attendre ta prédiction de pas de pluie avant midi. La prochaine fois, prends en compte les nuances de Chamonix météo : précipitations VERS le milieu de la journée.
Non, pas question de remonter la route pour aller tourner vers Burdignin. La sécurité impose un retour au plus vite donc au plus court. Les multicouches de Natacha et Martine les sauveront du froid pendant quelques kilomètres. Nous, les garçons, on est des Warriors. Même pas mal d'avoir froid.
Col du Perret. Descente sur Viuz. Puis re-St Jeoire et re-Giffre.
Et là, on est tous tout mouillés et on rêve tous d'une douche chaude. Je peux vous assurer, preuve à l'appui, que mes petites chaussettes blanches n'ont pas résisté à cette pluie.
Alors, dans le froid, on se donne du courage, on chante "Just cycling in the rain"; les filles entonnent un "On n'est pas fatiguées" aussitôt repris à tue-tête par Daniel "mais on est tout mouillés" ! Puis quelques improvisations reprises en chœur par la chorale de l'UCTM à la façon des Marine de l'armée américaine sur des thèmes d'actualité : on rentre à Marignier, on est tout mouillés, on rêve d'aller se doucher, et d'aller se sécher... Bien sûr, ça ne volait pas bien haut mais on avait besoin de penser à autre chose qu'à nos pieds mouillés et refroidis, à nos doigts gourds, à notre vision gênée par les ruissellements de la roue de celui de devant et à notre fondement généreusement rincé par les ruissellements de notre roue arrière. Culotte trempée pour tout le monde. Deux fois même, pour certaine.
Ces chants de groupe agirent sur nous comme un genre de séance de sophrologie appliquée.
En conclusion, pas de baptême sans eau, ni sans Feu. Dommage que toute cette pluie ait bien vite éteint notre victoire sur le Feu.
Le vrai Feu reste intact. Celui qui brûle en nous de repartir dès que nos affaires et nos routes seront sèches. Dès qu'on pourra, ce dimanche, on ne s'abstiendra pas d'aller faire un deuxième tour. ;-)