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Ardéchoise 2015 - Jeudi 18 juin - CR de Christian

Ardéchoise 2015 - Jeudi 18 juin - CR de Christian

C'est du camping « l’Ardéchois » où nous avons passé la nuit de mercredi à jeudi que nous nous ébranlons – c’est le mot puisqu’une certaine inertie se manifeste avant que tous les membres de notre groupe soient prêts à appareiller. Certains sont « armés jusqu’aux dents, prêts à bondir » cinq minutes après la fin du petit déjeuner… d’autres ont besoin de beaucoup plus de temps !!

La première partie de l’itinéraire du jour consiste à rejoindre Saint-Pierreville où nous avons quitté le parcours hier soir pour rejoindre notre hébergement.

A Saint-Pierreville, contrairement à la veille au soir, les fûts de bière pression à la châtaigne ne sont pas encore opérationnels à cette heure matinale sans quoi je ne suis pas certain qu’un premier arrêt ne se soit pas imposé.

Peu après cette localité, s’annonce la première difficulté du jour : l’ascension du col de Tauzuc mais ce n’est guère qu’un amuse-bouche avec ses trois kilomètres et demi à moins de 5 % de moyenne. Il est donc vite avalé et, un peu après Issamoulenc, nous attaquons le col de la Fayolle qui culmine à 877 m. C’est déjà un peu plus sérieux : 7 km de montée à un peu plus de 5 % et un maximum à 9 %.

Nous poursuivons vers Privas sur un profil plutôt vallonné et fort agréable à cette heure encore peu avancée de la journée.

Un peu partout, à droite et à gauche de la route, les murets de pierres sèches se multiplient. Pendant longtemps, ils ont été pour les gens d’ici le seul moyen d’obtenir des terrasses horizontales et de pratiquer les cultures qui permettaient une vie en autarcie. Ce ne sont plus aujourd’hui que les témoins d’une époque révolue dont certains ont tendance à s’écrouler sans être réparés sinon avec un peu de ciment. Comment ne pas songer en les voyant aux mots de Jean Ferrat : « Avec les mains dessus la tête, ils avaient monté des murettes jusqu’au sommet de la colline. Qu’importe les jours, les années, ils avaient tous l’âme bien née, noueuse comme un pied de vigne… » mais je m’arrête là, vous connaissez tous la chanson par cœur.

Certains membres du groupe se sentent venir des ailes et se mettent à caracoler en tête… ne nous affolons pas, « C’est à la fin de la foire qu’on compte les bouses » ou, dans une version moins agricole « C’est à la fin de la guerre qu’on compte les morts », comme disait Clausewitz… Je ne suis pas sûr du tout que Clausewitz ait dit ça mais citer Clausewitz, ça en jette !

Après avoir traversé Privas, préfecture du département, c’est le col du Benas qui se profile à l’horizon avec ses onze kilomètres de montée à un peu moins de 5 % de moyenne. C’est la principale difficulté de la journée mais le paysage est tellement grandiose qu’on ne les voit pas passer !

Notre route se poursuit avec la longue et sinueuse descente vers Sceautres où les bénévoles ont fait preuve de beaucoup d’inventivité pour décorer le village et approvisionner le ravitaillement. Une longue pause s’impose pour honorer cet effort… c’est l’occasion de voir s’envoler sous l’effet des rafales de vent les ailes du moulin confectionné pour l’occasion. Heureusement, leur chute se produit sans dégâts pour les cyclistes qui se trouvent à proximité.

Après Alba-la-Romaine et Valvignères, nous poursuivons notre route vers le sud à travers les vignes de l’appellation IGP « Coteaux de l’Ardèche » et ce sont les premières pentes de la dernière vraie difficulté du jour : le col de la Fare. A vrai dire, plus qu’un col, c’est plutôt une succession de petites côtes entrecoupées de quelques replats, le tout à 3,5 % de moyenne… pas de quoi en faire un plat ! sauf qu’avec la chaleur qui augmente et la fatigue qui en fait autant, ça n’est pas exactement une partie de plaisir.

Nous en venons à bout tout de même et c’est l’arrivée sur les gorges de l’Ardèche, leurs paysages mythiques et leurs panoramas grandioses qui méritent bien quelques arrêts, en particulier à proximité du Pont d’Arc.

Après avoir traversé Ruoms et Vallon-Pont-d’Arc et effectué de nouveaux arrêts – pour cause de ravitaillements cette fois – c’est l’arrivée à Uzer où nous devons passer la nuit à l’hôtel « La Châtaigneraie ».

L’hôtel n’est pas tout à fait au top pour ce qui est des installations sanitaires… il faudra se contenter d’un mince filet d’eau presque froide pour la douche mais faisons contre mauvaise fortune bon cœur, ça n’est pas si grave que ça !

Espérons que la nuit sera réparatrice tout de même car demain, c’est l’étape reine de cette Ardéchoise en quatre jours : 157 km et 3600 m de dénivelé… Il faudra être à la hauteur !

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